Premier jet, dernier jour

Il est presque 14h.

Aujourd’hui, je termine mon premier jet pour ma romance F/F. Plus que trois jours avant la deadline, j’aurai le temps de laisser reposer ça un peu, de tout relire, de modifier une ou deux choses.

J’ai 27424 mots. Encore à peu près 1500, un chapitre (l’épilogue est déjà écrit), deux gross scènes et c’est fini.

J’ai 27424 mots et je doute. Tout d’un coup, tout ça me paraît nul. Les défauts de mon texte m’apparaissent flagrants et irrémédiables. Ce n’est pas la première fois que ça arrive, sur cette histoire-là ou sur une autre, d’ailleurs. Ce n’est pas non plus la première fois que ça m’arrive « au dernier moment », donc je sais que je vais pouvoir dépasser cette angoisse. Je sais que j’arriverai à écrire les mots qui me manquent.

Il est 13h56 et, soyons honnête : je procrastine. Si je tape mes états d’âmes ici, au lieu de me consacrer à mes personnages, ce n’est pas seulement pour en garder une trace, ou « montrer que les auteurs sont humains ». Non, le truc, c’est que je suis à un clic d’une page que je dois remplir, d’une lettre qui me paraît tour à tour incohérente, pas suffisante pour exprimer ce que ressent le perso, ou pour émouvoir son interlocutrice, à plus forte raison mon lecteur, ma lectrice…

Mais il faut que j’y aille. On en reparlera dans quelques heures, et on en rira, de mes excuses, des récompenses que je me promets (finis le texte, puis tu pourras finir ton puzzle ! Et ce soir tu ouvriras cette mini-bouteille de vin blanc que tu gardes au frigo depuis un ou deux mois en attendant « une bonne occasion » !). Le retravail à faire avant d’envoyer ne me paraîtra plus si inatteignable.

Allez, j’y vais. On se retrouve dans quelques heures.

* * *

Il est 20h13 et rien ne s’est passé comme prévu.

J’ai écrit. J’ai eu du mal mais j’ai écrit. Puis j’ai pris une pause. Et une prise dans ma cuisine a explosé (tout le monde va bien, ça n’a pas créé d’incendie ni rien, juste un gros « pop » et un flash de lumière, pendant que je m’étais baissée pour ramasser quelque chose). Du coup, ma pause s’est transformé en plusieurs heures de diagnostique (alors ça vient pas du micro-ondes, pas de la rallonge, ah c’est peut-être le lave-vaisselle, ah non finalement c’est bien la prise),  ménage (pour faire venir les proprios), petites courses. Puis il a fallu préparer le dîner, à deux ça va plus vite mais bon ça prend du temps quand même, surtout quand on continue de ranger des choses en même temps.

J’ai réussi à m’y remettre, après avoir digéré le fait que ma journée ne s’était pas déroulée comme prévu.

Bref, il est un peu après huit heures et j’ai fini mon texte.

Il y aura peut-être une scène à rajouter, mais je ne pense pas qu’elle soit nécessaire – je retravaillerai plutôt l’épilogue. Il faut aussi que je me fasse ne frise chronologique pour vérifier que tout colle bien. Et, bien entendu, tout relire. Là, je viens de remplacer tous les tirets bas par des cadratins (j’ai trop l’habitude d’utiliser les tirets bas pour les dialogues, c’est plus simple de remplacer après coup), c’est déjà ça de fait.

Mais surtout, d’abord, laisser reposer.

J’ai 28532 mots. Demain, voire après-demain soir, j’en aurai peut-être un tout petit peu plus, ou un tout petit peu moins. Ce que j’ai, là, surtout, c’est un premier jet, à propos duquel je me sens… neutre. Pas aussi mécontente que tout à l’heure, mais pas super contente non plus. En fait, je ne réalise même pas que j’ai fini, pas complètement.

Et pourtant, je l’ai fait. En soi, c’est déjà une belle victoire.

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