Dix lectures marquantes de 2013

Confession : j’aime faire des listes. Des tableaux. Des bilans. Des classements. Sans doute mon petit côté obsessive-compulsive. Et la fin de l’année est le prétexte idéal pour ça.

Je me doute bien qu’enchaîner les récapitulatifs n’est pas forcément la manière idéale de commencer un blog. Qu’à cela ne tienne : ici, c’est chez moi. Et moi, j’aime les listes.

La dernière fois, je vous ai parlé de mes lectures chez les éditions Laska. Or, j’ai ouvert bien d’autres livres cette année : 188 en tout à ce jour, pour être exact (d’après mon compte Goodreads). Si on enlève les nouvelles et les épisodes de série, ça doit quand même en faire 120-130. En fait, ce qui m’a (beaucoup) aidée, c’est l’acquisition d’une liseuse en début d’année… j’y reviendrai.

Et donc, ça donne quelque chose comme ça :

Et tout ça à peu près dans l’ordre, à part pour « Amère » qui a refusé de se laisser aligner avec les autres (Jo Aaaaann, ta nouvelle fait des siennes !).

Oui, ça fait beaucoup : à peu près 35 000 pages, toujours d’après Goodreads. De toutes ces lectures, certaines m’auront marquées plus que d’autres, pour des raisons diverses… en voici dix parmi celles-là.

1. Dans la catégorie « Magie » : The Night Circus, Erin Morgenstern (éditions Doubleday, lu en janvier)

Un cirque. Un duel entre deux magiciens. Une histoire d’amour fabuleuse. Le tout sur fond de XIXème siècle.

Moins on en dit, mieux cela vaut. Ce qui est certain, c’est que ce livre m’a enchantée de bout en bout. J’ai été complètement emportée par l’histoire, et ce tant par la romance que par les illusions.

C’était une de mes premières lectures de l’année, et onze mois plus tard j’ai l’impression d’être toujours dedans. Je le relirai certainement, et avec grand plaisir !!

2. Dans la catégorie « Première fois » : Entrechats, Cécile Duquenne (éditions Voy’el, lu en janvier)

16485568Fantasy et mythologie égyptienne s’entremêlent dans cette histoire, qui débute avec la découverte d’une dépouille de sphinx par un jeune étudiant. On suit divers personnages, hommes et envoyés des dieux, tandis que s’affrontent Techs et Traditionnalistes.

Pourquoi « Première fois » ? Parce que c’est le premier livre que j’ai ouvert sur ma liseuse, offerte en début d’année. Aussi, c’était la première fois que je lisais le texte publié d’une auteure que je connaissais. Je n’ai pas été déçue ! L’univers est très bien développé, et la multiplicité des points de vue permet de l’aborder sous différents angles. Les personnages étaient d’ailleurs très intéressants, et j’ai apprécié que l’intrigue se complexe au fur et à mesure de la lecture. Bref, c’était très cool !

3. Dans la catégorie « SF » : Ender’s Game, Orson Scott Card (Tor Books, lu en juin)

Il y a cinquante ans, les aliens ont attaqué. Seul le sacrifice d’un héros a permis de les vaincre. Depuis, la crainte qu’ils reviennent ne s’est jamais dissipée. Pour se préparer à cette éventualité, des enfants sont sélectionnés très jeunes et soumis à un programme impitoyable afin qu’ils deviennent les soldats de l’avenir, les héros du futur…

Une claque. Une belle grosse claque : voilà ce qu’a été Ender’s Game pour moi. Il faut dire que je m’imaginais un livre jeunesse (du fait de l’âge du héros)… et ce n’en est pas vraiment un. Parce que ce livre est cruel. Le héros est cruel, le monde autour de lui l’est plus encore. Cruel et violent – et pour moi, les attaques physiques n’étaient pas nécessairement le pire.

On suit Ender et on s’attache à lui malgré ses défauts, voire à cause d’eux. Qu’est-il, après tout, si ce n’est un enfant surdoué, élevé dans un environnement violent ?

Et la fin… wow, la fin.

Depuis, j’ai également vu le film (après quelques tergiversations, ayant découvert les positions homophobes de l’auteur), que j’ai beaucoup aimé. Asa Butterfield fait un Ender bluffant et tient très bien la route face aux vétérans, Sir Ben Kingsley en tête. L’histoire suit bien le livre, à part quelques omissions dont on comprend la nécessité. Je regrette juste que tout ait dû être accéléré pour donner plus d’urgence à l’intrigue…

Mention honorable : The Long War, de Terry Pratchett et Stephen Baxter (la suite de The Long Earth) ; Under the Dome, Stephen King.

4. Dans la catégorie « Apocalypse » : World War Z: An Oral History of the Zombie War, Max Brooks (Duckworth, lu en mai)

Par le biais de témoignages, c’est toute une guerre qui se raconte, de ses débuts à son apaisement. Cette fois, cependant, l’ennemi n’est pas (plus) humain, et demeure redoutable malgré son manque d’intelligence de par la facilité à laquelle il se propage.

Politique, économie… Max Brooks semble avoir pensé à tout. Tous les lieux, toutes les réactions possibles, toutes les conséquences. Le résultat est bluffant.

(et non, il n’y a pas eu d’adaptation en film, jamais)

5. Dans la catégorie « BD/comics » : Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh (Glénat, lu en mai)

Clémentine rencontre Emma. Et tout change.

C’est beau. Pas seulement le dessin, ni les couleurs (ou leur absence), subliment bien pensées. L’histoire est belle. Et non, ce n’est pas « une histoire d’amour comme les autres ». « Les autres » n’ont pas à souffrir de l’homophobie. Ici, elle est très présente, pas nécessairement explicite mais toujours en filigrane.
(non, je ne verrai probablement pas le film, parce que je sais où il s’est planté, j’en ai lu suffisamment pour le savoir et avoir envie de cracher à la gueule du réalisateur, parce que pour une fois, pour une fois qu’on pouvait avoir une histoire avec des lesbiennes, sans doute pas parfaite sur le long terme mais un début de représentation quand même à l’heure où seuls les mecs commencent à y avoir droit, il a fallu tout refaire à sa sauce, changer le sens même du livre, sa portée, et tout ce qu’on en retiendra ce seront ces scènes de sexe ridicules et voyeuristes, donc non, pas merci, Monsieur Kéchiche)

On respire. On reparle du livre. L’histoire qui touche, et qui appuie aussi là où ça fait mal. Les personnages humains.

Bref, lisez le livre.

6. Dans la catégorie « Féminisme » : King Kong Theory, Virginie Despentes (Grasset, lu en mars)

« J’écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n’ont pas envie d’être protecteurs, ceux qui voudraient l’être mais ne savent pas s’y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l’idéal de la femme blanche séduisante qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu’il n’existe pas. »

1422366C’est un livre qu’il faut lire même si ça n’a rien d’aisé. Et puis il faut le relire (c’est encore à faire pour moi) quand on l’a digéré, pour mieux y réfléchir. Nul doute qu’à ma prochaine lecture j’y trouverai des choses problématiques (c’est signe que j’avance dans ma compréhension du féminisme et de l’intersectionnalité), mais en attendant, sur le coup, ça permet de poser bien des choses, d’ouvrir les yeux.

Nul doute que si on n’a pas été suffisamment sensibilisé au féminisme auparavant, c’est une claque, et pas forcément de celle qui plaisent. Mais quand on l’est, c’est autre chose.

Virginie Despentes nous parle violences et condition de la femme, qui sont, à ce jour, intrinsèquement liées. Et non, ce ne sont pas « les hommes » contre « les femmes », mais plutôt « les hommes tels que construits par la société », « les hommes idéaux » contre « les femmes idéales, vues et pensées par la société ».

Bref, pas une lecture facile. Il faut se ménager des pauses, revoir des passages. Mais c’est essentiel… ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut lire que ça.

Mention honorable : Beauté fatale, de Mona Chollet, qui cette fois-ci décortique les médias pour y trouver, omniprésente, l’injonction à la féminité, la femme « telle qu’elle devrait être ».

7. Dans la catégorie « Fou rire » : Raising Steam, Terry Pratchett (Doubleday, lu en novembre)

Dans ce quarantième tome des Annales du Disque-Monde, la révolution industrielle continue son petit chemin. Cette fois-ci, elle prend la forme d’une locomotive…

Discworld, ça fait une douzaine d’années que je suis fan : je n’allais donc pas rater celui-là. On y retrouve Moist von Liwig, Sam Vimes (Vimaire en VF), Vetinari (Vétérini si ma mémoire est bonne) et bien d’autres ❤

L’arrivée des trains est très, très bien traitée, et très, très bien intégrées aux spécificités de l’univers : un coup de maître, ce qui ne m’étonne pas de la part de Pratchett, mais quand même. Et en prime, on revisite certains lieux familiers… bref, j’ai ri,  j’ai adoré, et j’en redemande.

(Notez qu’il n’est pas absolument nécessaire d’avoir lu tout ou partie des tomes précédents)

8. Dans la catégorie « Bien être » : Toxic Parents: Overcoming their hurtful legacy and reclaiming your life, Susan Forward (Bantam, lu en septembre-octobre)

Parents négligeants, violents, manipulateurs, alcooliques, incestueux… dans la première partie du livre, Dr. Susan Forward liste les « catégories » de parents toxiques, en les liant avec les histoires réelles de certains de leurs enfants. Puis (et c’est là que les choses deviennent intéressante) elle donne une série de conseils (qui, elle le souligne bien, n’excluent pas une thérapie) pour surmonter les divers traumatismes engendrés.

Une lecture salutaire. Tout y est très bien expliqué, avec douceur et pédagogie, et les conseils sont réellement bons. Ce n’est pas le genre de choses que j’ai l’habitude de lire (je suis d’ordinaire très méfiante envers ce genre d’ouvrage), mais plusieurs recommandations m’y ont décidée et effectivement, ça m’a aidée. En revanche, ce n’est pas à lire d’une traite (ni nécessairement en entier) !

Je le recommande à 100%. Si vous pensez que ça peut vous aider (et si vous lisez l’anglais), n’hésitez pas !

9. Dans la catégorie « Larmes » : The Fault in Our Stars, John Green (Dutton Books, lu en août)

La vie de Hazel n’a plus rien d’ordinaire depuis qu’on lui a diagnostiqué un cancer à l’âge de 13 ans. Trois ans plus tard, le danger est loin (la maladie n’évolue plus), mais sa vie n’est pas prête de reprendre son cours. La jeune fille intègre alors un groupe de 16 ans, où elle rencontre Augustus, lui-même en rémission. L’attirance est aussi irrésistible que mutuelle, et les voilà qui s’embarquent dans un projet fou…

J’ai pleuré. Beaucoup. Vu le sujet, le contraire eût été étonnant, mais en fait je pleure rarement quand je lis (les films et les séries, c’est autre chose – je ne peux que prédire le désastre quand le film prévu arrivera au cinéma). D’autre part, ce n’est pas l’histoire elle-même qui m’a poussée aux larmes, mais l’attachement que je ressentais pour les personnages, si humains, et le tout si réel qu’on les toucherait presque. Et toutes les petites notes d’humour qui paradoxalement n’améliorent pas vraiment les choses…

Bref, coup de coeur (encore). Et je crois bien que c’est le seul livre qui m’ait fait (beaucoup) pleurer cette année.

10. Dans la catégorie « auteur connu » : The Casual Vacancy, J. K. Rowling (Sphere Books, lu en novembre)

Quand Barry Fairborther, conseiller municipal et coach d’aviron, meurt, c’est toute la petite communauté de Pagford qui se retrouve sens dessus-dessous. Il faut le remplacer, et tous les conflits de cette bourgade apparemment paisible s’en retrouvent ravivés…

Aurais-je lu ce livre si le nom de l’auteure ne m’était pas familier ? Probablement pas… et j’aurais eu tort, parce que c’est exactement le genre de choses que j’aime. Des personnages aussi divers que leurs motivations (même si les femmes manquent de profondeur de manière générale), et c’est autour d’eux que tout tourne, ce qui peut donner une impression de lenteur. Le tout est orchestré d’une main de maître, et je n’aurai scrupule à en lire plus !

Mention honorable : The Gunslinger, de Stephen King + Assassin’s Apprentice, de Robin Hobb (deux lectures qui me faisaient envie depuis longtemps).

Ceci conclut le bilan lecture de cette année. Au prochain épisode : un bilan écriture…

En attendant, je vous souhaite de très joyeuses fêtes de fin d’année !

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