Se jeter à l’eau

Parfois, il le faut. Et puis, ça tombe bien : j’aime l’eau.

J’écris depuis que je suis capable de tenir un stylo. Des livres complets, dès le début : des petits livres fabriqués mains, à base de scotch et de pages blanches : le texte à gauche, les illustrations (je n’ai jamais été douée pour le dessin, mais j’arrivais à l’oublier par moments) à droite. Une « belle » couverture, un résumé au dos.

Des poèmes, aussi, recopiés avec amour sur Paint, avec des couleurs fluos derrière.

J’ai grandi, mais je n’ai pas cessé d’écrire. L’ordinateur familial, obtenu en 1998, s’est rapidement rempli de fichiers Words, soigneusement rangés dans le dossier « Amélie ». Il y avait des dinosaures dans mes histoires, mais aussi des planètes étranges, des écoles extraordinaires, des espions, des monstres.

J’ai douze, treize ans, je viens d’écrire le mot « FIN » sur un manuscrit d’une cinquantaine de pages. C’est mon premier chef-d’oeuvre. Je veux publier. Encouragée par ma mère (mais pas vraiment guidée), j’obtiens le numéro de téléphone des éditions Hachette (qui publient mes coups de cœur de lectrice) par minitel. Cinq minutes plus tard, je repose le téléphone, rouge de honte (j’ai toujours détesté le téléphone, d’une part, et les humiliations, de l’autre) : le numéro obtenu est celui d’un centre de redressement, ou quelque chose comme ça, je ne sais pas, tout ce dont je me souviens, c’est de la déception et de mes joues, mes joues qui cuisaient. Je ne saurais même plus dire comment ma mère a réagi – je crois qu’elle a éclaté de rire.

Je m’en suis tenue là pendant une dizaine d’années. Mais je n’ai pas cessé d’écrire.

Le déclencheur, façon bombe à retardement, fut le NaNoWriMo. Ce défi un peu fou : écrire 50 000 mots en un mois. Et surtout, la communauté francophone derrière. Je commence en 2007 ; je reste un peu seule de mon côté, mais je remarque les autres. Je retiens certains noms. J’apprendrai peu à peu à les connaître, surtout grâce au forum CoCyclics, qui aide les écrivains en herbe ayant, comme moi, une prédilection pour les littératures de l’imaginaire (en quelques lettres, SFFF : Science Fiction, Fantastique, Fantasy – ou l’inverse).

Depuis 2012, je me suis jetée à l’eau plusieurs fois. J’ai envoyé quelques manuscrits (et reçu plusieurs refus). J’ai participé à des appels à texte… à un concours de nouvelles.

C’est grâce à ce dernier que j’obtiens mon premier contrat d’édition. Certes, ce n’est « que » une nouvelle. Certains ajouteront : « que » du numérique, « que » de la romance, « que » du M/M, comme si tout ça n’avait rien de sérieux.

Rien à faire. C’est un début. Et un début dont je ne suis pas peu fière.

Et voilà que je me jette à l’eau une fois encore. Mon nom dans l’adresse et en haut du blog. « Auteure, lectrice » sur le côté. Un livre à paraître dans la sidebar.

J’ai comme l’impression (lire : espoir) que tout ça n’est pas terminé…

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Une réflexion sur “Se jeter à l’eau

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